Vous avez retrouvé des bulbes de tulipes grignotés, des jeunes plants sectionnés à la base ou des galeries dans votre potager ? Le mulot est sans doute passé par là. Avant de sortir les grands moyens, sachez qu’il existe des solutions naturelles pour le tenir à distance tout en préservant la biodiversité de votre jardin.
En bref
- Le mulot est un petit rongeur qui creuse des galeries et grignote racines, bulbes et graines. On le confond souvent avec le campagnol ou la musaraigne.
- Il fait partie de la chaîne alimentaire : il nourrit les rapaces, les hérissons, les renards. L’éradiquer totalement n’est ni possible ni souhaitable.
- Les solutions douces (répulsifs naturels, aménagement du jardin, prédateurs) suffisent généralement à limiter les dégâts sans empoisonner le sol.
Sommaire
- Mulot, campagnol ou musaraigne : qui fait quoi ?
- Les dégâts à reconnaître
- 7 solutions naturelles pour éloigner les mulots
- Ce qu’il vaut mieux éviter
- Favoriser les prédateurs naturels
- FAQ
Mulot, campagnol ou musaraigne : qui fait quoi ?
Avant d’agir, assurez-vous que c’est bien un mulot. Les trois petits mammifères se ressemblent mais n’ont pas le même régime :
Le mulot : pelage brun-roux sur le dos, ventre blanc, grandes oreilles et longue queue. Il mange des graines, des fruits secs, des bulbes. C’est un grimpeur : il peut vider une mangeoire à oiseaux.
Le campagnol : plus trapu, oreilles presque cachées dans le pelage, queue courte. Il creuse des galeries superficielles et ronge les racines. C’est lui le plus destructeur pour le potager.
La musaraigne : museau pointu, minuscules yeux. Elle ne s’attaque pas aux plantes : c’est un insectivore utile qui mange limaces, chenilles et insectes. Ne la chassez surtout pas.

Les dégâts à reconnaître
Les dégâts du mulot sont caractéristiques :
- Graines et semis qui disparaissent avant même d’avoir germé.
- Bulbes de tulipes, crocus, ail grignotés jusqu’au cœur.
- Fruits à coque (noisettes, glands, noix) retrouvés évidés avec un petit trou rond.
- Galeries peu profondes, souvent le long des bordures ou sous les paillis.
- Écorce rongée à la base des jeunes arbres fruitiers en hiver.
Contrairement au campagnol qui coupe net les racines, le mulot laisse souvent la partie aérienne intacte : la plante semble « juste » déracinée.
7 solutions naturelles pour éloigner les mulots
1. Plantez des répulsifs naturels. Fritillaire impériale, euphorbe épurge, incarvillée, ail, oignon : ces plantes dégagent des odeurs que les mulots détestent. Plantez-les en bordure du potager ou près des massifs de bulbes. La fritillaire impériale est particulièrement efficace : son bulbe sent très fort et fait fuir les rongeurs.
2. Utilisez du purin de sureau. Faites macérer 1 kg de feuilles de sureau dans 10 L d’eau pendant une semaine. Filtrez, puis arrosez les galeries et les zones sensibles. L’odeur forte repousse les mulots. Renouvelez après chaque pluie.
3. Ramassez les fruits et graines au sol. Noisettes, glands, pommes tombées, graines sous les mangeoires : c’est le garde-manger du mulot. Un sol propre autour des zones sensibles diminue l’attractivité de votre jardin.
4. Protégez les plantations. Plantez les bulbes dans des paniers à bulbes grillagés. Entourez les jeunes arbres d’un grillage à mailles fines (moins de 1 cm) enterré sur 30 cm. Paillez avec des matériaux peu accueillants : paille de lin, coques de cacao, feuilles de fougère.
5. Installez des pièges de capture. Les nasses et cages à rongeurs capturent les mulots sans les tuer. Placez-les le long des murs ou des bordures, appâtez avec des graines ou du beurre de cacahuète, et relâchez les mulots capturés à plusieurs kilomètres de votre jardin — dans un bois, pas chez le voisin.
6. Utilisez un répulsif à ultrasons. Les appareils à ultrasons émettent des ondes désagréables pour les rongeurs. Leur efficacité est variable : les mulots s’y habituent parfois. Placez-les en appoint d’autres méthodes, pas comme unique solution.
7. Accueillez un chat dans le jardin. Un chat qui chasse participe à la régulation naturelle des mulots, sans produit ni piège. Cette solution a toutefois un revers écologique : un chat libre capture aussi des oiseaux, des lézards et des petits mammifères utiles. Si vous adoptez cette approche, équipez-le d’un collier à clochette et gardez-le à l’intérieur la nuit, quand les mulots sont les plus actifs.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Les rodenticides chimiques (poison). Efficaces à court terme, ils empoisonnent toute la chaîne alimentaire : le mulot intoxiqué est mangé par un rapace, un hérisson ou un renard, qui meurt à son tour. Sans parler des animaux domestiques. À bannir dans un jardin vivant.
Les pièges à glue. Cruels et non sélectifs, ils capturent aussi les oiseaux, les lézards et les hérissons. Interdits dans plusieurs pays européens.
L’eau dans les galeries (noyade). Inefficace et cruel. Les galeries de mulots sont souvent reliées à des réseaux de campagnols ou de taupes, et vous gaspillerez de l’eau pour rien.
Favoriser les prédateurs naturels
La meilleure régulation est celle que la nature fait toute seule. Pour attirer les prédateurs du mulot :
- Installez un nichoir à chouette effraie ou à chouette hulotte. Un couple de chouettes consomme plusieurs milliers de rongeurs par an.
- Laissez un tas de bois ou de pierres dans un coin du jardin : il abritera des couleuvres, qui chassent les mulots.
- Plantez une haie champêtre où les rapaces pourront se percher et chasser à l’affût.
Pour conclure
Le mulot n’est pas l’ennemi du jardinier. Il fait partie de l’écosystème, et sa présence indique que votre jardin est vivant. L’objectif n’est pas de l’éradiquer — vous n’y arriverez pas — mais de maintenir un équilibre où ses dégâts restent acceptables. Plantes répulsives, protection des cultures sensibles et prédateurs naturels : ces trois piliers suffisent généralement à cohabiter en paix.
Dans la même logique, un jardin équilibré gagne à combiner des pratiques sans pesticide et un coin sauvage pour la biodiversité, afin de limiter les déséquilibres sans chercher à tout éradiquer.
FAQ
Comment différencier un trou de mulot d’un trou de campagnol ? Le mulot creuse des galeries peu profondes avec des entrées discrètes, souvent cachées sous la végétation. Le campagnol laisse des monticules de terre et des galeries affaissées visibles en surface. Soulevez le paillis : si vous voyez un réseau de chemins à ciel ouvert, c’est plutôt un campagnol.
Les mulots attaquent-ils les légumes du potager ? Directement, rarement. Mais ils grignotent les racines des jeunes plants (salades, carottes, betteraves) et mangent les graines avant la levée. Le vrai risque pour le potager, ce sont les semis et les bulbes.
Le tourteau de ricin est-il vraiment efficace ? L’odeur du tourteau de ricin peut repousser les mulots, mais son utilisation mérite réflexion. C’est un produit toxique pour les animaux domestiques et les enfants en cas d’ingestion, et il n’est pas sélectif. Si vous l’utilisez, enfouissez-le légèrement plutôt qu’en surface, portez des gants, et tenez les animaux domestiques à distance. Dans un jardin écologique, privilégiez d’abord les plantes répulsives et la protection mécanique des cultures.
Combien de temps vit un mulot ? Environ 12 à 18 mois dans la nature. Mais une femelle peut avoir 3 à 4 portées par an de 4 à 7 petits. La population peut donc croître rapidement si les conditions sont favorables.



